Grève des AESH et des AED : des colères légitimes

Mardi 9 les Accompagnant.e.s d’élèves en situation de handicap (AESH) étaient appelé.e.s à faire grève pour appuyer sur les discussions entre le ministère et les syndicats représentatifs.

Sans surprise, et au vu des conditions de travail, les revendications datent quasiment de la création de la fonction d’AESH en 2005. Actuellement le CDI n’est proposé qu’après 3 années de CDD alors que rien ne justifie une « période d’essai » aussi longue. Souvent à temps partiel, même avec 24 h d’accompagnement, les collègues AESH ont de fait un salaire inférieur au SMIC. L’accès au CDI permet de petites augmentations liées à l’ancienneté mais qui restent largement insuffisantes.

Pour éviter d’affecter une personne AESH pour chaque enfant notifié en situation de Handicap et faire face aux besoins, le gouvernement a mis en place des pôles d’appui de scolarité, afin de contraindre les collègues AESH a intervenir dans plusieurs écoles ou établissements et auprès de plusieurs enfants n’ayant le plus souvent pas le même
type de handicap.

Cette scandaleuse dégradation de l’accompagnement des enfants en situation de handicap engendre une prise en charge loin des réels besoins et aujourd’hui de nombreux enfants restent même sans accompagnement.

Le gouvernement s’oppose à la fonctionnarisation des collègues AESH, qui pourtant  intéresserait une grande partie des personnes concernées, en premier lieu pour le salaire mais également pour permettre un ancrage durable dans la fonction.

Cette fonctionnarisation permettrait pourtant de résoudre le manque d’accompagnateur.rice.s ; elle serait aussi et enfin une vraie reconnaissance pour ce qui est un vrai métier. En outre, elle obligerait l’employeur à mettre en place des dispositifs de formation, fondamentalement nécessaires.

Par mesure d’économies, honteusement réalisées sur le dos des enfants
à besoins éducatifs particuliers, le gouvernement n’en a cure et propose un statut de fonctionnaire à 10 ou 20% des collègues AESH qui deviendraient ainsi des « Assistant.e.s d’accessibilité » auxquel.le.s seraient encore imposé.e.s des tâches supplémentaires ! L’imagination du ministère est toujours en marche pour repousser de nouveau les
revendications des collègues AESH et continuer à dégrader le service public d’éducation.

Mardi 2 juin Grève des Assistants d’éducation ( AED)

La semaine précédente, les collègues AED étaient eux aussi en grève pour les mêmes raisons.

Plus précaires encore, ils et elles doivent avoir exercé 6 ans en CDD pour obtenir un CDI lié au bon vouloir des chefs d’établissement : c’est là encore une « période d’essai » inadmissible !

En outre, certain.e.s chef.fe.s d’établissement émettent des avis défavorables à la CDIsation afin, pensent -ils, de garder des équipes « vie scolaire » précaires et soumises.

Cette CDIsation des personnels AED n’est pourtant pas une titularisation : ils et elles ne peuvent (par exemple) pas demander de mutation et restent licenciables : ils et elles n’ont pas le statut de fonctionnaires.

Aujourd’hui, les personnels AED en CDD touchent le SMIC pour 41 h de service hebdomadaire sur 39 semaines.

Sans surprise, la priorité à l’éducation affichée par les gouvernements néolibéraux successifs est toujours celle de la recherche d’économies sur le dos des collègues les plus précaires.

Pour Lutte de Classes – Education – Limousin, la construction du rapport de force avec le ministère doit donc continuer pour obtenir des avancées significatives. Rejoignez-nous ! Soutenons ensemble ces mobilisations !

En attendant un vrai dispositif de formation et de recrutement pour ces métiers, qui soit à la hauteur des enjeux et digne d’un service public d’éducation du XXIème siècle, Lutte de Classes – Education – Limousin s’offusque du traitement réservé à ces catégories de personnel, soutient sans réserve toutes les mobilisations en cours et revendique la titularisation des personnes contractuelles en poste, sans condition d’ancienneté de concours ou de nationalité.

Notre syndicat invite également toutes les familles concernées à s’indigner face aux conditions de prise en charge de leurs enfants.


Syndicat Lutte de Classes – éducation – Limousin ,juin 2026